Qui donc se cache derrière « The Tunisians » ?

Il se nomme Wassim ghozlani et c’est le fameux créateur du concept «The tunisians». Malgré sa discrétion, il nous a ouvert les portes de son intimité pour notre plus grand plaisir. Ca se passe à la Maison de l’Image (Mutuelleville) et c’est notre interview de la semaine sur Picstore ! 

Comment vous est venue l’idée du concept « The Tunisians » ? 
‘Je ne sais pas (Rire). C’est plutôt simple, j’ai toujours été un grand fan de ‘Humans of New York’, un projet que je suis depuis 2009. J’ai beaucoup aimé leur démarche artistique, même si ce ne sont pas les seuls créateurs du concept il en existe plusieurs autres. Puis j’ai eu l’occasion d’être en résidence de création avec ‘Dream City’, ce qui coïncidait pratiquement avec l’attaque du Bardo. Du coup la médina étant vide, mon premier réflex a été d’aller parler aux artisans sur place, de m’intéresser à eux.’

Vous attendiez-vous à un tel succès ? 
‘Pas du tout, cela a largement dépassé mes attentes. Je ne me suis pas mis en avant, les gens ont d’ailleurs appris qu’il s’agissait de moi il y’a quelques semaines avec l’article de Tunivisions.’

Pourquoi avoir choisi Facebook et Instagram comme moyen de communication et d’expression ? 
‘J’aime beaucoup le format carré! (Rires) Je followais plusieurs personnes sur Instagram, notamment des artistes qui m’ont énormément inspiré. J’ai voulu suivre cette démarche. Instagram est une plateforme vraiment faite POUR les photos, bien plus adaptée à mon projet que Facebook ou autres réseaux sociaux. Au commencement, J’avais décidé de présenter mon concept sur cette plateforme et d’utiliser Facebook, Tumblr plutôt comme support. Mais avec le temps la page Facebook de « The Tunisians » est celle qui a eu le plus de succès. On est à plus de 20 000 abonnés aujourd’hui ! De plus, j’ai arrêté d’utiliser mon appareil photo. Toutes les photos que l’on retrouve sur la plateforme sont prises avec un IPhone 6, ce qui rend l’utilisation d’Instagram évidente.’ 

D’ailleurs, pourquoi avoir abandonné votre appareil photo pour un iphone 6 ? 
‘Abandonné est un grand mot. Pour mes projets commerciaux où je dois délivrer un contenu de haute qualité à mes clients j’utilise encore mon appareil photo. Pour les projets que je considère comme étant « personnelles », j’ai migré vers l’iphone 6. D’une part j’avais une réelle envie d’expérimenter ce « médium », L’Iphone n’a rien à envier aux appareils photos, la qualité est présente ! D’autre part, cela se justifie par quelque chose que j’ai pu constater ces dernières années en tant que photographe : l’appareil photo « effraie ». Quand tu débarques chez un tunisien, il y a directement un obstacle qui se crée dû à l’appareil. Il devient intimidé et ne s’exprime plus de manière naturelle. En utilisant l’IPhone, il prend la chose plus à la légère ce qui facilite réellement la communication.’

Utilisez-vous d’autres logiciels pour modifier vos photos, tels que Snapseed ou Vscocam ? 
‘Pour la prise de vue j’utilise une application qui se nomme « Moment ». Elle permet de prendre des photos avec un taille de 40 méga afin d’avoir des photos brutes que je modifie par la suite soit directement sur Instagram avec les filtres soit avec Vsco Cam.’

Que pensez-vous de notre idée d’imprimer les photos partagées sur les réseaux sociaux afin de leur donner vie ? 
‘Nulle ! (Rires) Bon, soyons sérieux. Plutôt une suite logique. Picstore était le maillon manquant. De nos jours les gens ont tendance à prendre plein de photos avec leur téléphone, mais ils oublient que ces photos sont éphémères et peuvent disparaître à tout moment. Il n’y a pas mieux que de développer ses photos. Cela permet de laisser une trace.’

En parlant de traces, vous en avez laissées plusieurs dans différentes régions en Tunisie comme on peut le voir sur «The Tunisians». Comment vous organisez-vous pour effectuer tous ces voyages ? Avez-vous des collaborateurs ? 
‘J’ai débuté avec une collaboratrice qui a travaillé avec moi pour les premières photos mais à présent je travaille seul. Toutes les photos présentes sur les plateformes sont les miennes. C’est moi-même qui me déplace pour diverses raisons, boulot, missions ou simplement pour faire le touriste ! Je profite pour prendre des photos pour le projet, cela est devenu une habitude.’

Comment voyez-vous l’avenir de « The Tunisians » ? 
‘Au vu de l’intérêt et du succès qu’a eu le projet on est en train de travailler sur une version plus développée. On lance bientôt une plateforme web qui va reprendre le même concept que « the tunisians » mais en plus enrichi.’ 

De la vidéo en plus ? 
‘Pas de format vidéo à venir, mais la réalisation de petits reportages comportant une dizaine de photos. Il y’aura bien entendu des contributeurs, rédacteurs et peut-être d’autres photographes avec moi sur ce projet. On cherche réellement à faire évoluer la plateforme de « The Tunisians ». Mon souhait serait aussi de réaliser un livre avec toutes les photos accompagnées de leur témoignage. De quoi rendre ce concept éternel ! ’

Propos recueillis par Leila Hizaoui.

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